A l’heure où certains proposent de privatiser l’audiovisuel public, il est essentiel de revenir à une question simple : que fait-il concrètement aujourd’hui – et que se passerait-il s’il disparaissait ?
Chaque jour, le groupe France Télévisions diffuse près de quatre-vingts heures d’information gratuites : journaux nationaux et régionaux, magazines de décryptage, enquêtes, émissions spéciales. En France, la production d’information représente environ 2,9 milliards d’euros, selon une étude conjointe du ministère de la culture et l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). A eux seuls, France Télévisions et Radio France en assurent près d’un tiers, et 44 % de la diffusion totale. L’information n’est pas une activité marginale du service public : elle en constitue le cœur.
Cet effort repose sur un maillage territorial sans équivalent : 24 antennes régionales, neuf antennes ultramarines, 44 radios locales. Là où les logiques publicitaires ne permettent pas toujours aux acteurs privés de se maintenir, le service public garantit une présence continue, sur l’ensemble du territoire.
Il est également un acteur central de la création. Premier financeur du secteur, il soutient une filière encore largement dépendante des commandes des chaînes de télévision. Il offre aussi un accès gratuit à des contenus culturels – théâtre, opéra, spectacle vivant – souvent absents des offres commerciales.
Mais son rôle s’avère aussi démocratique. Le pluralisme suppose que chacun puisse accéder à une diversité de points de vue, à l’abri des intérêts économiques et des pressions politiques. Ici, le téléspectateur n’est pas un client : il est un citoyen. L’European Media Freedom Act, qui insiste sur la nécessité de garantir un service public fort et indépendant, le rappelle d’ailleurs.
Erosion des références communes
Face à cela, les partisans de la privatisation avancent un argument simple : elle permettrait de faire des économies, tout en laissant le marché – chaînes privées, plateformes, réseaux sociaux – assurer le pluralisme. C’est faux.
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